Le trembleur est une pièce ornementale traditionnelle réalisée au tour à bois.
A l’origine (XVIII°siècle), il était réalisé en ivoire, permettant de tourner des diamètres d’une finesse extrême, d’une longueur jusqu’a 30 cm.
Adapté à notre époque, le trembleur est un exercice technique de tourneur sur bois, cela demande une grande maîtrise de l’outil, et c’est une étude intéressante de formes traditionnelles.






Trembleur longueur 1,20m tourné par Nathalie lors d'un stage.
J’enseigne cette technique à des tourneurs ayant déjà une certaine pratique du tour.
Suivant le niveau, je propose de travailler sur un trembleur de 30cm à 120cm.
Les diamètres maximum vont de 35 à 45 mm et les diamètres minimum de 2 à 3mm.
Des exercices préparatoires et complémentaires sont nécessaires pour se familiariser à ce travail tout en finesse.
Cela permet d’expérimenter aussi de nouvelles techniques de tournage souvent méconnues :
Tournage de formes convexes au bédane de 5mm. Tournage à la gouge à profiler avec petit talon.
Et puis la fabrication des lunettes à ficelles (fait maison !) indispensable pour cet exercice de haut niveau.
Mes stagiaires les plus avancés tournent un trembleur en os de bœuf.
Ceux qui réussissent l’emportent dans un tube en verre.
Pour tourner un trembleur, il faut être calme et serein, accepter les erreurs, même les erreurs fatales…
Mais quel plaisir de repartir avec dans vos mains un réel chef d’œuvre

Parmi tous les objets usuels que l’on utilise à la maison, il y en a un que tout le monde connaît, un particulièrement cher aux Français : le tire bouchon.
Ceux et celles qui l’utilisent couramment savent que le tire bouchon doit être avant tout fonctionnel.
Cela paraît évident, mais dans la réalité, ce n’est pas toujours le cas.
Autrefois, les outils utilisés, soit à la maison, soit à l’atelier, étaient solides, ils avaient aussi une personnalité, une âme : celle de l’artisan qui les avaient conçus.
Essayons aujourd’hui de concevoir un tire bouchon avec le même esprit !
Pour le différencier d’autres fabrications banales, industrielles, souvent moches,choisissons de prendre le temps.
Le temps de réaliser quelque chose de simple, beau, fonctionnel, original.
POUR L’ORIGINALITÉ, CHOISISSONS UN TOURNAGE À 2 AXES
Le tire bouchon se compose de 2 parties :
la poignée que nous allons réaliser en bois et bien sûr la partie métallique qui servira à extraire le bouchon.
La partie métallique se trouve chez les vendeurs d’accessoires pour le tournage ou autres magasins spécialisés.
Attention cependant d’investir dans de la qualité (n’oubliez pas que l’usage risque d’être intensif !)
La partie bois se trouve encore à l’état brut dans votre atelier. C’est celle qui nous intéresse.
Fouinons un peu ! Il se trouve bien quelque part, sur une étagère ou au fond d’un placard, un carrelet de 180 mm de longueur et de 45 x 45 mm de section, en bois de fil, dense, coloré…
Choisissons ce morceau ! Le veinage peut être aussi torturé. En tout cas, éviter les bois tendres, blancs, n’offrant rien de vraiment attrayant.
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PRÉPARATION
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1ÈRE ÉTAPE : AXE 1
Faire tourner le morceau à la main tour arrêté et vérifier ainsi que l’un ou l’autre des côtés ne touche pas le porte-outil. ![]() |
Percer le trou du tire bouchon: deux équerres en bois fixées sur une plaque de contreplaqué feront l’affaire. (5). |
Pour la sécurité, il est préférable d’utiliser une pointe annulaire pour l’entraînement de la pièce de bois, et une contrepointe annulaire également.Une pointe traditionnelle à quatre griffes pourrait être dangereuse. |
Faire tourner le morceau à la main tour arrêté et vérifier ainsi que l’un ou l’autre des côtés ne touche pas le porte-outil. |
| 2ÈME ÉTAPE : AXE 2 Bon, il est temps de passer à l’axe 2. Facile, c’est l’axe de la pièce de bois. Cylindrer les parties carrées en venant affleurer la partie déjà tournée. (7) ![]() Il va falloir maintenant réaliser les extrémités gauche et droite. Commençons par la partie gauche. Regardez bien le bois qui tourne. Que voyez vous ? En partant de la gauche, nous voyons un cylindre puis une forme excentrée, puis un cylindre. Bon, il faut bien visualiser la transition entre bois plein et bois décentré. En partant de cette transition, je tourne une forme convexe en allant vers la gauche, (genre quart de rond) en laissant un minimum de boispour la résistance. |
Je réalise la même chose à l’opposé et mon tire bouchon et presque terminé…(8) BOIRE OU FINIR, IL FAUT CHOISIRPour détacher l’ensemble, il est possible de terminer complètement sur le tour : un coup d’un côté, un coup de l’autre, et puis détacher côté entraînement. Solution plus facile et sans risque : enlever la pièce du tour, utiliser une petite scie (genre scie japonaise) et couper les deux bouts, puis finir à la main par ponçage. Vite, vite, finissons en… Un coup de fond-dur, ou bien une couche d’huile dure, puis polissoir. Le collage du tire-bouchon dans le bois peut se faire à l’araldite, ou bien cyanolite. Maintenant, il est temps d’essayer. Je ne donne pas d’explications sur la façon de déboucher une bouteille… |
Il y a beaucoup de spécialistes dans notre association… (9) Vous allez voir. Votre tirebouchon, vous aurez envie de vous en servir tous les jours, voire plusieurs fois par demijournée. |
Le tournage sur bois est la façon la plus rapide et simple de transformer la matière. Voilà pourquoi c’est un métier d’art passionnant : un objet peut prendre forme en une heure ou même moins selon son importance.
Certes, cela demande une maîtrise, une habileté, une ingéniosité, bref un savoir faire acquit par de longues heures d’apprentissage. Celui-ci est difficile, et il n’est pas toujours agréable d’acquérir la maîtrise des mille et une techniques du tournage sur bois sans frustration.
Lorsque suffisamment de capacités techniques sont assimilées, alors vient le plaisir.
Parmi la palette des possibilités, nous avons le choix de recopier les formes du passé, de s’inspirer des formes existantes ou de créer son propre style. Mais il peut tout de même arriver de tomber en panne d’idées. C’est alors que tourner sur un seul axe peut quelquefois paraître restrictif.
Je vous propose une nouvelle génération d’objets créatifs à réaliser, quelques idées qui ne nécessitent pas d’outillage vraiment particulier : le tournage multi-axes.
Comme premier exercice, pour se faire la main, essayez le tournage entre-pointes d’une quille à 3 axes. Cet exercice peut paraître simple au départ, mais il demande déjà une certaine maîtrise de la gouge et une certaine compréhension dans les formes décentrées.
En effet, dès que l’on sort de l’axe de la pièce de bois, nous devons aborder une vision complètement différente du bois qui tourne.
Pour commencer, ne soyons pas trop gourmand : j’ai choisi un morceau sain et sans nœud en noyer (peu importe le bois choisi pourvu qu’il soit relativement dense) dans des proportions raisonnables.
Carrelet de longueur 160 X 35 X 35mm.
Pour cet exercice, j’utilise uniquement une gouge à profiler de 13mm, affûtage environ 30°, avec une bonne dépouille à l’arrière. (photo 1)
Un entraîneur annulaire sera préférable à un entraîneur à 4 griffes (si vous raccrochez avec votre gouge, le bois s’arrêtera de tourner, mais l’entraîneur continuera, sans risque de casser l’angle de votre pièce de bois). Une contre-pointe tournante annulaire sera préférable à une pointue (photo 2)
Je trace une diagonale sur chaque extrémité dans le même sens.
Puis je trace le milieu de chaque diagonale ; ce sera l’axe n°2 (axe de la pièce de bois).
Avec un compas à pointe sèche, à 15 mm de part et d’autre du milieu, je marque les points qui deviendront les points 1 et 3. (photo 3).
Petite subtilité : le point n°1 sur une des diagonales deviendra le point n° 3 sur la diagonale opposée, et bien sûr le point n°3 deviendra n°1 sur la diagonale opposée.
Le choix de la vitesse de rotation est délicat : si la celle-ci est trop lente, je vais accrocher le bois avec ma gouge. N’oublions pas qu’à l’attaque, je prends très peu de matière. Mais le morceau est bien équilibré : le décentrage étant le même à droite qu’à gauche, il n’y a pas de problèmes de vibrations. Bon, je choisis 1300t/mn.
Je commence : axe n°1 à gauche, axe n° 1 à droite. Drôle d’allure que ce morceau de bois en travers par rapport à l’axe !
Apparemment, je suis prêt. N’oublions pas de faire tourner à la main pour voir si cela n’accroche pas le porte outil. On peut remarquer qu’un des angles à gauche et l’angle opposé à droite gênent considérablement le rapprochement du porte outil.
Je mets en route et observe mon morceau de bois (photo 4) j’aperçois différentes ombres ; au milieu, une intersection entre les lignes d’ombres gauche et droite (photo 5).
C’est sur cette intersection que je vais commencer ma première moulure (photo 6).
Attention de ne pas tourner la base de l’entaille trop fin (environ 20mm). Le ponçage étant un peu délicat, il faut absolument rechercher un travail à la gouge irréprochable.
Me voilà prêt pour le deuxième axe : celui-ci est le plus facile puisque qu’il correspond à l’axe du morceau de bois, je peux donc rapprocher mon porte-outil, je ne suis pas gêné par les angles comme précédemment. Observons à nouveau ce qui se passe pendant la rotation : j’aperçois une petite entaille à droite de ma première moulure (photo 7). C’est dans cette intersection que je présente ma gouge afin de réaliser ma moulure, identique à la précédente. (photo 8)
Passons à l’étape suivante : axe 3. (photo 9)
Une moulure en forme de V doit être tournée à droite de la précédente, puis cylindrée en laissant une partie carrée (photo 10).
Je dois retourner maintenant à l’axe n°1 afin de cylindrer complètement la partie encore sous forme de carrelet. Un petit porte outil me permettra de me rapprocher du bois qui tourne. Après le cylindrage et le profilage d’une forme de quille le tour est joué…(photo 11)
Si je scie la partie carrée, on peut se demander comment cette petite quille a été tournée (photo 12).

Photo1 : affûtage gouge à profiler
Photo 2 : pointe d’entraînement et contre pointe annulaire
Photo 3 : 3 axes sur une même diagonale
Photo 4 : premier axe
Photo 5 : intersection des lignes
Photo 6 : premier profil
Photo 7 : deuxième axe
Photo 8 : deuxième profil
Photo 9 : troisième axe
Photo 10 : troisième profil
Photo 11 : retour premier axe
Photo 12 : quille 3 axes réalisée
Pour bien comprendre le tournage multi-axe, il faut pratiquer, « bouffer du bois » (expression de métier), multiplier les exercices. C’est aussi à travers les erreurs que l’on comprend.
J’aime enseigner cette technique qui permet en tout cas, de perfectionner son habileté à la gouge à profiler.
Jean-François ESCOULEN
Le tournage en excentrique est pour moi une longue histoire qui a commencée dans les années 1990.
Voulant absolument sortir de l’axe restrictif du tour à bois, je me suis acharné à rechercher des formes tournées qui n’existaient pas.
Changer d’axe est un exercice vite complexe si l’on ne possède pas quelques bases !
Chaque pièce était donc complètement unique, puisque j’étais incapable de refaire 2 fois la même chose !

Sur une idée simple d’un mandrin à gobelet qui pourrait s’orienter dans tous les sens, mon premier mandrin vit le jour : aucun réglage précis sur ce mandrin très lourd mais quand même la possibilité de changer l’axe de la pièce…
Assez primitif, il m’a toutefois servi pendant plusieurs années.
J’arrivais enfin à maîtriser des virgules !!!
Qui m’ont permis de faire des cuillères, des boites, et puis ce qui a suivi !!!
Peu à peu, j’ai affiné, en faisant réaliser prototype après prototype.
En voici quelques uns :






Et voilà 15 ans de prototypes excentrés !!!

Les mandrins Escoulen sont maintenant fabriqués par la société Vic-Marc en Australie et vendus dans beaucoup de catalogues de tournage en France et dans tous les pays ou l’on tourne !!

Je ne m’occupe pas du tout de commercialisation. Si vous souhaitez acquérir un mandrin, chercher dans les catalogues. Ce n’est pas difficile à trouver !!!